Accueil Contemporain Chronique : Clara et la pénombre – José Carlos Somoza.

Chronique : Clara et la pénombre – José Carlos Somoza.

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Genre(s) : Contemporain / Thriller 

Editeur : Editions Babel (Noir) 

Date de parution : 6 mars 2019 

Nombre de pages : 646

Ma note : 20/20

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Synopsis : 2006. L’Art est devenu folie et porte le nom d’Hyperdramatisme. Le marché le plus vendeur est à présent celui des toiles humaines et le monde est en admiration devant les peintures vivantes du célèbre Bruno Van Tysch. Mais lorsque l’un de ses tableaux les plus connus est détruit par un fou sanguinaire, est-ce une adolescente qui a été assassinée ou une œuvre anéantie ? Clara Reyes, toile professionnelle, rêve, quant à elle, de devenir un chef-d’œuvre. Elle devrait se souvenir du prix d’une vie face au marché de l’art…

Mon avis : J’ai dû lire ce livre pour l’un de mes cours à la fac, je n’avais pas vraiment d’attentes le concernant même si le résumé m’intriguait fortement ! J’ai tout de même hésité avant d’écrire cette chronique parce qu’encore maintenant, j’ignore si j’arriverai à retranscrire tout ce que m’a fait ressentir cette lecture tant l’univers est complexe ! 

Dans ce roman, nous suivons plusieurs intrigues : dans un premier temps, la vie de Clara, « notre personnage principal » qui rêve de devenir une œuvre d’art peinte par Bruno Van Tysch, le créateur de l’art hyperdramatique (Cet art consiste à utiliser des humains en tant que toiles). Dans un second temps, nous suivons l’enquête policière. En effet, la fondation Van Tysch est confrontée à plusieurs attentats sur les toiles de leur peintre. Les chapitres s’alternent et nous donne une sorte de course contre la montre.

L’Hyperdramatisme m’a fasciné tout autant qu’il m’a effrayé. Faire du corps une œuvre d’art me semble être un concept très intéressant, Somoza nous décrit des peintures qui ont l’air vraiment somptueuses à voir. D’un autre côté, la notion d’être humain semble disparaitre complètement. En effet, après avoir signé avec la société d’un peintre, les personnes deviennent des objets, simplement des corps, des matériaux qui vont servir à l’art : on ne les considèrent plus, ils n’ont plus une once d’humanité. Les toiles elles-mêmes sont formatées pour ne ressentir aucune émotion, leur corps est complétement détaché de leur esprit, on se demande même si elles ont encore une conscience.  Les personnages ont  des visions très différentes sur cet art. Si certains le soutiennent, d’autres semblent incapables de le concevoir vraiment. Au nom de l’art, tout semble permis. Par ce biais, la question d’Humanité est franchement posé au lecteur : est-ce que pour l’art, nous pouvons renoncer à nos valeurs ainsi qu’à nos principes ? Cette question va accompagner toute notre lecture. 

L’ambiance est pesante, malsaine mais l’univers est tellement fascinant qu’il pousse le lecteur à lire pour en découvrir davantage. L’écriture de l’auteur contribue à rendre cette atmosphère dérangeante. En effet, il use de différents procédés syntaxiques : il malmène et manipule son lecteur pour mieux l’étonner. Les idées de Somoza sont toutes plus folles les unes que les autres mais à mon sens, ces idées s’inscrivent dans une certaine réalité. Ce monde futuriste que Somoza présente au moment où il publie ce livre, cet univers complétement hallucinant dans lequel les personnages évoluent aurait pu et peut toujours être le nôtre. 

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des personnages, ils apportent tous ce petit quelque chose à l’histoire, ils semblent tous importants et à la fois insignifiants quand le lecteur est confronté à LA révélation. April Wood est mon personnage préféré. Elle est une bombe à retardement, elle ne pense qu’à son travail, ne souhaite que des résultats et rapidement, elle ne supporte pas l’échec. Sa réaction suite à la révélation m’a beaucoup touché, je me suis retrouvée dans le même état d’esprit qu’elle, puis, avec du recul, je me suis demandé ce qu’il m’avait pris de penser cela : encore une fois, Somoza montre tout son génie. 
Van Tysch fait en quelque sorte, renaître les œuvres de Rembrandt puisque sa collection se base sur treize de ses œuvres qui ont toutes un lien avec la vie du peintre fictif. J’ai trouvé cela très intéressant de rencontrer un peintre à travers une nouvelle interprétation moderne. 

La révélation m’a surprise tout autant qu’elle m’a parue finalement, très cohérente, je n’aurais pas vu une autre personne même si j’étais loin de me douter que ce serait elle, et, j’ai pris tant de plaisir à lire toutes les explications. 
En définitive, ce roman n’est pas un coup de cœur mais une lecture qui m’a marqué, je pense le relire un jour, je suis certaine d’apprendre de nouvelles choses sur l’histoire tant l’univers crée par Somoza est complexe et intéressant. En attendant, je pense me procurer ses autres œuvres comme L’Appât : un roman qui nous emmène dans le monde de Shakespeare. 
Si je devais ajouter un dernier élément à cette chronique, je vous dirai simplement de le lire car c’est un chef-d’œuvre. On ne découvre que, tout le pouvoir de ce roman en le lisant. 

 

 

 

 

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